En bref
Face aux besoins massifs de recrutement, l’Afpa Istres accueille le « Passeport Nucléaire ».
Ce dispositif de spécialisation prépare les stagiaires aux exigences de l'atome. Avec 100 000 recrutements prévus en France d'ici dix ans, le défi est de taille. À l’Afpa, cette ambition prend la forme d’une « coloration » : un module qui ajoute une expertise spécifique au métier de base (soudage, maintenance, électricité), qui va permettre de faciliter l’accès des stagiaires à des emplois du secteur du nucléaire.
Pour Christel Thoreau-Chaloin, Directrice de l’Afpa d'Istres, l'introduction de ce passeport est une réponse directe aux réalités du terrain. « Nous avons mis en place ce dispositif pour répondre aux besoins en recrutement de nos entreprises clientes, notamment les sous-traitants intervenant pour des acteurs majeurs comme EDF, le CEA, ORANO ou FRAMATOME », explique-t-elle.
Implantées notamment autour de l’Etang de Berre et du pays d’Aix, ces entreprises recherchent des profils déjà acculturés aux exigences de la sureté et de la sécurité du nucléaire. Selon la directrice, ce passeport permet de proposer une sensibilisation reconnue et alignée avec les standards professionnels attendus : « Cela nous permet de mieux préparer nos stagiaires. À profil équivalent, cela élargit leurs opportunités d’emploi. C’est une logique d’adaptation de notre offre de formation aux besoins réels du territoire ».
Transmettre l'exigence absolue
Xavier Michoux, correspondant régional de l’Université des Métiers du Nucléaire (UMN), était lundi 16 mars sur le site de l’Afpa pour accompagner les formateurs dans cette transition. Car avant de transmettre aux stagiaires, il s'agit pour les formateurs de s'approprier une culture de l'exigence absolue. « Nous apportons les fondamentaux du nucléaire via quatre modules complets, de 13 heures au total : une introduction aux enjeux du secteur, l'étude de la radioactivité et du cycle de vie du combustible, les règles de sécurité, la sûreté et la radioprotection, ainsi qu'une découverte des métiers d'avenir. Pour Xavier Michoux, le rôle du formateur Afpa est alors d’utiliser toute son ingénierie pédagogique pour que l’apprenant s’approprie ces notions essentielles sans simplement « subir » la formation.
Une immersion au-delà de l'écran
Le Passeport Nucléaire propose une immersion complète. Ce parcours repose sur trois piliers : d'abord, une phase d'acculturation pour saisir le fonctionnement des centrales et les enjeux stratégiques de la filière. Ensuite, place à la pratique contextualisée, où les stagiaires réalisent des exercices techniques en maintenance, tuyauterie ou soudage spécifiquement adaptés aux exigences du milieu. Enfin, l'expérience se conclut sur le terrain par des visites de sites d'envergure, comme les CNPE ou les installations du CEA et d'Orano, favorisant des rencontres directes avec les industriels locaux. « C'est une plus-value sur le CV. La rigueur et la sécurité sont ici vitales », ajoute le correspondant de l'UMN.
Accessible du niveau 3 au niveau 8 (Cap au BAC+6) ce parcours de spécialisation s'ouvre largement aux femmes, aux personnes en situation de handicap ainsi qu'aux profils en reconversion. En misant sur cette diversité, la filière nucléaire confirme sa volonté de recruter localement et durablement. Pour les stagiaires de l’Afpa, ce Passeport n'est pas seulement un module, c'est une véritable porte d'entrée vers les métiers d'avenir de notre territoire.
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